Les personnages

Le clan Martin :

Vincent, Comédien, chef de troupe, Auteur et metteur en scène, Artiste atypique d’apparence bourrue généreuse. Crée depuis plus de 40 ans dans l’espace public des fresques théâtrales au style poétique, décalé, proche du théâtre de l’absurde. Il est le roi de l’improvisation et de la prise de risque.

A chaque spectacle le suspense est entier, et l’on craint la catastrophe jusqu’au dernier moment. Ceux qui le connaissent depuis longtemps œuvrent à ses côtés en confiance. Lorsqu’il ne dirige pas les ateliers et les spectacles, il joue pour le cinéma ou la télévision. Il est un des principaux conteurs de cette l’histoire. Mais il a aussi son histoire : le théâtre, lui a sauvé la vie à 16 ans… et sa rencontre avec Myriam fut déterminante, pas seulement dans son parcours professionnel.

Myriam : Co-créatrice de la compagnie, productrice, costumière et régisseuse. Tenace et efficace, elle gère avec bienveillance les situations de la troupe. Elle est dans les confidences et au cœur des difficultés auxquelles elle réagit avec un sang froid qu’il ne faut pas prendre pour de l’indifférence. Elle a probablement affronté suffisamment de galères et d’imprévus depuis 40 ans, pour devenir philosophe. Elle apprécie la richesse des vraies rencontres et considère comme précieuses les personnes avec lesquelles elle collabore.

Léonard : Régisseur, accessoiriste et comédien. Il s’engueule souvent avec son père, c’est impressionnant mais ça ne dure que quelques secondes, puis ils s’étreignent, complices, attentifs aux avis l’un de l’autre. Très pédagogues et psychologues, lors de problèmes ils rejettent la responsabilité sur eux-mêmes plutôt que sur les autres, afin de ne pas les démotiver. (C’est de notre faute, on vous a mal expliqué, on recommence et ça va aller !) Une grande complicité les unit. Vincent et Myriam se sont beaucoup appuyés sur son savoir- faire et son énergie sans lesquels ce périple eut été impossible.

Paul Léandri : Directeur délégué de l’Institut Français à Erbil, à l’initiative de ce projet. Ancien directeur du Château de Compiègne, il a connu Vincent et Myriam vingt ans plus tôt et les a fait jouer dans le cadre du château, une première à l’époque pour une compagnie de théâtre de rue. Ancien militaire et fils de militaire, baroudeur et fort en gueule, il a vécu une partie de sa jeunesse en Afrique, sur les traces de son idole : Arthur Rimbaud.

Érudit, passionné d’histoire, et bien sûr de théâtre, car il est convaincu que c’est un bon moyen de rapprocher les peuples, il a voulu cette aventure. Il témoigne un attachement particulier pour le peuple Kurde dont il admire le courage et la générosité. Il est Corse, et leur prête également des traits de caractère qu’il partage avec eux : sanguins, fiers et susceptibles !
Avec Vincent et Myriam, il est sont les initiateurs de cette histoire. Un trio passionné et persévérant sans qui rien n’aurait pu voir le jour

La troupe:

Eva : Comédienne et danseuse, vegan, compagne de Jonathan. Pour les jeunes filles kurdes, elle représente, ainsi que Lou, l’image de la femme française émancipée et indépendante, dont elles aimeraient bien s’inspirer. Mais les codes sociaux et religieux propres à leur culture sont un obstacle évident. L’aventure commune de la tournée va progressivement tisser des liens des liens affectifs entre elles.

Lou : Comédienne et chanteuse, elle traduit souvent du Français vers l’Anglais et inversement pour les Syriens ou les Kurdes, et se trouve donc aussi parfois au cœur des conflits bien malgré elle. Très émotive, elle retient quand même de l’aventure une certaine frustration quant au sort des jeunes filles kurdes qu’elle aimerait voir se libérer des contraintes sociales et culturelles de leur pays.

Jonathan : Violoniste professionnel et comédien amateur, il se sent à l’aise partout. Vincent lui a proposé de composer un nouveau tableau musical dansé par Eva. En couple dans la vie comme sur la scène, ils s’embrassent à plusieurs reprises lors du spectacle, ce qui ne manquera pas de lever des interrogations sur les transgressions possibles aux mœurs de ce pays majoritairement musulman. Il s’en amuse, tout en restant prudent et recueille à ce sujet les avis des jeunes Kurdes et Syriens, ou des techniciens de l’équipe.

Julien : Comédien par passion, luthier de profession. Il a choisi de faire le voyage pour être surpris, sans essayer d’imaginer ce qu’il allait rencontrer. Il vit cette expérience d’abord comme un partage et cite les moments de joie collective, notamment dans les camps avec les enfants. Même s’il a conscience que celle-ci est éphémère, il ne doute pas qu’elle va laisser des traces, pour nous comme pour eux. Pour lui, le théâtre est une arme, pacifique.

Les kurdes :

Rekar : Traducteur, 24 ans, étudiant en langues et arts plastiques, il rêve de partir. Il fera un séjour linguistique en France juste après la tournée et viendra nous rendre visite.

Nihad : Traducteur, 25 ans. Ingénieur Géologue spécialisé dans la prospection pétrolière. Il rêve de rester au pays mais employé par une compagnie étrangère.

Ibrahim, Ali, Bnyad, Ismail : Les garçons, jeunes étudiants de l’Institut des Beaux-arts, parfois insouciants et hyper actifs, parfois sources de quelques turbulences dans le travail. Ils viennent aux répétitions dans la vieille Mercedes d’Ismail qui roule à tombeau ouvert sur les grandes avenues d’Erbil. Parfois à jouer avec les règles et les exigences de travail formulées par Vincent pour le spectacle, il faut de temps en temps hausser sérieusement le ton, mais avec mesure pour ne pas démobiliser ou créer d’incident diplomatique, et intervenir auprès de leur professeur. Ibrahim (Ibo) et Ismail sont les plus imprévisibles et jouent parfois les divas. Ali est plus raisonnable et plus sensible. Bnyad, très grand et très fort, fait tandem avec Léonard pour la présentation du spectacle et les mouvements du tunnel. Il se joue de son obésité et clame avec véhémence : « Mon corps est un acteur ! »

Elaf, Zahra, Mimo : Les jeunes filles.

Mimo, la plus jeune, charmeuse. Elaf, discrète et attentive. Zahra, dynamique et chaleureuse. C’est pour les Français l’occasion d’entrevoir la place de la femme au Kurdistan, que ce soit dans la vie comme au travail. Toutes les trois sont de fortes personnalités, très différentes, et se révèlent petit à petit dans le travail avec toute la complexité de leur combat au quotidien…complexité qui a souvent créé des situations de blocage incompréhensibles et dont il fallait rapidement trouver les clefs pour permettre de poursuivre le chemin tous ensemble.

Younes : Le Professeur, imprévisible lui aussi, souvent lunaire et d’univers décalé par rapport à ce groupe de jeunes, mais sera quand même un médiateur auprès des garçons lors de tensions ou d’incompréhensions liées aux problèmes de la langue.

Sangar et Aryas : Les techniciens, dévoués corps et âmes. Le premier est le fils d’un Peshmerga célèbre, ils sont tous deux Zoroastriens. A la demande de Vincent, Sangar va chanter en farsi pour le spectacle une complainte très émouvante.

Les Syriens :

Eyad, Majid, Mansoor et Latsh : Les « mousquetaires », jeunes diplômés issus de la minorité Alaouite, leur exil les a mené pour certains au Liban, en Russie, en Egypte, au Soudan, au péril de leur vie, puis se sont retrouvés au Kurdistan. Amis d’enfance, ils adorent le théâtre qu’ils ont pratiqué en amateurs dans leur pays. Mais leur premier vrai rôle fut celui de leur survie.

Ils vivaient ensemble à Erbil jusqu’à la fin de l’été, mais Magid est maintenant à Dubaï, et Mansoor espère pouvoir venir en Europe. Pas d’espoir de retour pour eux qui évoquent avec nostalgie la période d’avant guerre et la douceur de vivre de leur pays perdu.

Mansoor va notamment se découvrir une passion et un don pour travailler avec les enfants, notamment ceux des camps, avec lesquels il va spontanément créer des ateliers improvisés qui vont remporter un grand succès. Ne parlant pas Kurde, il va s’adresser à eux en Arabe (les enfants sont Syriens). Curieusement ils vont comprendre et suivre ses indications alors que nous apprendrons plus tard qu’ils n’ont pas appris cette langue, étant pour la plupart nés dans les camps après 2011. Cela reste encore un mystère.